Club-Méta 2016

Le 7 décembre dernier, 13 membres étaient au 26 place Jacques Carat pour découvrir les joyaux suivants de la séance 2016 :

Remplissage plus ou moins méta :

À bientôt pour de nouvelles aventures !

GitLab

Certes, GitHub est le site closed source de code open source. Mais GitLab est sur GitLab.

Mais il y a aussi git sur GitHub. Est-ce que ça veut dire que si on casse git, le simple fait de commit va se casser lui-même ?

Club-Méta 2015

Affiche

ENS Cachan
61 avenue du Président-Wilson
RER B Arcueil-Cachan ou Bagneux

Drawful

Il s'agit, certes, d'un jeu vidéo, mais il se joue comme un jeu de société. Drawful fait partie d'une compilation, le Jack Box Party Pack, comprenant également d'autres jeux intéressants comme Fibbage et l'incontournable You Don't Know Jack. Drawful se distingue cependant par son game design brillant. S'il fallait faire une analogie, je dirais qu'il s'agit d'une version Pictionary du fameux Dixit qui a gagné nombre de récompenses pour son génie de conception.

Dans Drawful, chaque participant voit apparaître une définition loufoque qu'il doit ensuite représenter en la dessinant au doigt, sur son téléphone. Ça peut être "Everybody knows that you are bald" ou "Building eater hamster". Une fois que tout le monde s'est exécuté, un premier dessin apparaît alors sur l'écran de télévision et tout le monde, sauf son auteur, doit proposer sa propre définition. Le double but du jeu pour ceux qui essayent de deviner est non seulement de donner la bonne proposition, mais également d'en donner une suffisamment crédible pour tromper les autres participants. Une fois que tout le monde a proposé quelque chose, toutes les suggestions sont affichées anonymement à l'écran, mêlées indistinctement à la définition originale. Il ne reste plus aux joueurs qu'à sélectionner la réponse qu'ils pensent juste et prier pour que ça ne soit pas celle d'un autre.

Vient ensuite le décompte des points. Grosso modo (je n'ai plus les chiffres en tête), c'est 2 points récoltés pour avoir trouvé la bonne réponse et 1 point engrangé pour chaque adversaire qui aura sélectionné, à tort, votre définition. Quant à l'illustrateur, il gagne 2 points par joueur qui aura bien deviné grâce à son talent au dessin. Le classement est ensuite mis à jour et la manche suivante commence, avec le dessin d'un autre joueur.

Le génie de Drawful, outre les fous rires que les dessins et les propositions loufoques peuvent apporter façon Cards Against Humanity, vient résolument de son game design. Les jeux, dans la grande majorité des cas, provoquent la compétition sur la divergence des objectifs. C'est souvent le joueur A contre le joueur B. Le joueur A doit faire perdre le joueur B et le joueur B doit faire perdre le joueur A. Ces objectifs sont exclusifs et ne peuvent pas se superposer.

Il existe toutefois quelques exceptions. Les jeux coopératifs, comme le très bon Ghost Stories, demandent à tous les joueurs de s'entraider pour gagner tous ensemble.

Ou bien encore les jeux dits de coopération-compétition. Dans ces derniers, si l'objectif est bien d'accomplir une tâche commune, il existe également un sous-niveau de victoire pour la place du meilleur joueur. C'est donc du "tout le monde perd ou un seul gagne". Four Swords Adventure, sur GameCube, en est une bonne illustration.

Dans une manche de Drawful, c'est beaucoup plus flottant. Car même si le but du jeu, au final, est de marquer le plus de points, si on pose sur le papier les objectifs de victoire de tous les joueurs sur chaque manche, on se rend compte que certains peuvent à première vue concorder. Regardons le premier d'entre eux, qui est aussi le principal :

- Le joueur qui a dessiné espère que tout le monde trouve la bonne réponse. - Le joueur qui n'a pas dessiné espère trouver la bonne réponse.

À première vue, on peut se dire que si tout le monde trouve la bonne réponse, tout le monde a à y gagner ! Sauf qu'il y a un deuxième plan de jeu. Car le joueur qui ne dessine pas donne deux inputs lors d'une manche : il propose une réponse, puis il en choisit une. Il y a donc deux résolutions pour ces deux actions. Cela implique un second objectif et s'il ne concerne pas directement le joueur qui a dessiné, il est en complète contradiction avec son propre objectif.

- Le joueur qui n'a pas dessiné espère que tout le monde se trompe et choisisse sa propre proposition.

Ainsi, sur un premier plan, la réussite individuelle de ceux qui ne dessinent pas impliquera automatiquement la réussite de celui qui dessine. Nous serions donc dans un cas de réussite collective. Sauf que sur le second plan, les échecs des uns et des autres, s'ils sont bien canalisés, permettent à un joueur unique de remporter beaucoup plus de points au détriment de tout le monde. Bref, un cas réussite individuelle.

Dans sa façon de mêler intérêts individuels et collectifs, le système de jeu de Drawful a beaucoup en commun avec le dilemme du prisonnier, cet exemple fameux qui illustre parfaitement la théorie des jeux. Bien sûr, la principale différence vient du fait que les interactions ne se font pas uniquement sur un choix tactique, mais également sur sa compétence au dessin et sa faculté à inventer un mensonge crédible. Malgré cela, c'est certainement cet entremêlement si complexe des intérêts des uns et des autres qui rend Drawful si intelligent, si subtil et si amusant. En plus, bien sûr, des dessins extrêmement moches et des propositions idiotes de ses petits camarades.

Book now

Je vais vous parler d'une billetterie en ligne très pro : celle du Barbican Centre.

Vous raconter ce qui s'est passé lors de ma réservation me permettra d'illustrer une pléthore d'exemples de ce qu'il ne faut pas faire.

Quelques minutes avant l'ouverture des réservations, le site affiche le message suivant. J'aurais dû me méfier mais j'ai juste retweeté par réflexe.

NB we anticipate this concert to sell out quickly. If you are having trouble booking online it is because there will be lots of people trying to buy the same seats! Please try the box office on +44 20 7638 8891 if you cannot book online

Un véritable système est censé empêcher ce comportement de se produire.
Et, compte tenu de la frénésie des fans, je doute qu'une réservation par téléphone ait plus de chances de réussir. Je clique « Book Now », je choisis F34-F35, c'est parti.

Encodage des caractères

Mr Jill Jênn Vie

OK. Point suivant.

Sécurité du mot de passe

Pour l'inscription, je choisis un mot de passe.

Veuillez n'entrer que des caractères alphanumériques.

Je retire la ponctuation.

Veuillez n'entrer que des caractères alphanumériques.

?! Je raccourcis le mot de passe. Ça passe. Donc, les mots de passe trop longs ne sont pas autorisés, et le message d'erreur pour l'indiquer n'est pas le bon. BIEN.

Sécurité du mot de passe, le retour

Pour retirer l'accent à mon prénom, je reviens à la page précédente du formulaire d'inscription, en me disant : « Et mince, je vais devoir retaper mon mot de passe… » Et là, je vois :

••••••••

… Tiens ?! Le champ est prérempli. Par crainte, je consulte le source de la page.

<input type="password" value="XXXXXX">

Oh mon Dieu. Nous sommes en 2015, et mon mot de passe est en clair dans un code HTML. À toutes fins utiles, il ne s'agit pas de XXXXXX, hein.

Je n'ai pas eu le courage de vérifier, mais je mets ma deuxième place à parier que si on signale qu'on a oublié son mot de passe, ils nous le renvoient. DANGER.

Champs non remplissables

Arrive le moment de réserver. À ce moment, je veux vraiment mes places. Je vérifie quand même qu'il y a le cadenas pour signifier que la connexion est, si on veut, sécurisée, puis je clique sur le champ pour entrer mon code de carte de crédit.

Aucun caractère ne passe. Je ne comprends pas. Rien ne semble l'indiquer dans le code HTML ou bien dans le CSS. Je désactive JavaScript, plus rien ne marche.

Je passe sous Firefox, en tentant le même lien que ma page sous Safari. Les billets ne sont pas là. Je recharge Safari. Ils sont là. Bigre. Ils sont donc dans mes cookies ?

Je tente de reréserver les billets sous Firefox. Internet étant ce qu'il est, tout a été raflé à l'avant, sauf… F34-F35. (C'était très drôle, deux points rouges centrés brillant au milieu de toutes les places grisées car déjà réservées.) Je clique.

Désolé, ces places ne sont plus disponibles.

Normal, elles sont dans mon Safari ! Une petite pensée pour tous les gens ayant eu une fausse joie en pensant qu'il restait deux places à l'avant, bien placées.

Bon. Vous l'aurez voulu. Je tape les commandes suivantes dans la barre de Safari :

javascript:document.forms[0].CreditCard.value='XXXX';
javascript:document.forms[0].ExpMonth.value='XX';
javascript:document.forms[0].ExpYear.value='XX';

Puis je clique sur Valider. Ça marche. SCANDALE.

Depuis quand faut-il savoir modifier le code JavaScript d'une page pour ne pas perdre des billets bien placés ? Notez que mon premier réflexe n'a pas été de faire ce hack mais d'envoyer au service clients un message intitulé « I want F34-F35 ».
Ils m'ont gracieusement répondu neuf heures plus tard avec un mail automatique.

I hope this information is of use to you and that you are successful in booking with us at the Barbican. If you have any further suggestions on how we could improve on our booking experience either online or in person, please do not hesitate to contact us.

Barbican
do something different

« do something different » !!! Ça a eu raison de moi. Pourquoi faire les choses bien alors qu'on peut les faire différemment ? (Notez que le mail, lui, est le même pour tout le monde.)

Le message que je laisse donc au Barbican :
Please read a security book. Now!